Tribune libre. Thierry Passeron : « Les maladies de peau : une révolution en marche ! »
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Publié le 6 juillet 2026
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Mis à jour le 6 juillet 2026
Dans une tribune publiée dans le cadre du projet Science Azur, Thierry Passeron, enseignant- chercheur au sein du Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire (Université Côte d’Azur, Inserm), met en lumière les transformations profondes que connaît aujourd’hui la dermatologie. À travers un état des lieux scientifique et clinique, il insiste sur l’ampleur des progrès récents et leurs conséquences directes pour les patients.
Les maladies de peau concernent plus de 16 millions de personnes en France et restent encore trop souvent sous-estimées, malgré leur impact majeur sur la qualité de vie. Pour Thierry Passeron, la dermatologie vit actuellement « l’une des révolutions les plus rapides de toute la médecine », portée par une meilleure compréhension des mécanismes immunologiques, inflammatoires et génétiques.
Des traitements plus ciblés et mieux tolérés
Selon la tribune, les avancées scientifiques de la dernière décennie ont profondément modifié la prise en charge. Là où les traitements étaient autrefois peu spécifiques (corticoïdes, immunosuppresseurs), la tendance est désormais aux thérapies ciblées et à l’immunothérapie, agissant directement sur les voies biologiques impliquées dans les maladies.
Cette évolution est particulièrement marquante en cancérologie cutanée, où les chimiothérapies classiques sont progressivement remplacées par des approches plus précises et mieux tolérées.
Vitiligo et pelade : des exemples emblématiques
Le texte souligne également les progrès récents dans des pathologies longtemps considérées comme difficiles à traiter, comme le vitiligo et la pelade. De nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment les inhibiteurs de voies immunitaires et certaines approches topiques comme le ruxolitinib crème, ouvrent des perspectives de repigmentation et de repousse jusque-là inédites.
Des résultats cliniques encourageants sont également évoqués avec de nouvelles molécules orales en cours de développement, illustrant une dynamique de recherche active au sein de la dermatologie française.
Recherche, innovation et transfert vers les patients
Thierry Passeron met aussi en avant le rôle de la recherche translationnelle menée au sein du Université Côte d’Azur, du Inserm et du Centre Méditerranéen de Médecine Moléculaire, en lien avec le CHU de Nice. Ces travaux ont déjà conduit à des innovations thérapeutiques et à la création de startups comme Nikaia Pharmaceuticals et Bipper Therapeutics.
Un enjeu d’accès aux soins
Au-delà des avancées scientifiques, la tribune insiste sur un point central : l’accès aux soins. Près d’un Français sur deux souffrant de problèmes cutanés renoncerait à consulter un dermatologue. Pour Thierry Passeron, l’enjeu est désormais de garantir que les innovations bénéficient rapidement aux patients, via un meilleur repérage, une formation renforcée des professionnels et une organisation des soins plus efficace.
Une révolution à concrétiser
En conclusion, la tribune appelle à transformer ces avancées scientifiques en bénéfices concrets et équitables pour les patients. La dermatologie entre dans une nouvelle ère thérapeutique, mais son impact dépendra de la capacité du système de santé à diffuser ces innovations à grande échelle.
Pour lire la Tribune
Cette tribune a été produite dans le cadre du projet SCIENCE AZUR, labelisé Science Avec et Pour la Société (SAPS) par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace. Ce projet est co-porté par Université Côte d’Azur, l’Observatoire de la Côte d’Azur, le CNRS, l’INRAE, Inria, l’Inserm, l’IRD, Mines Paris PSL, et l’IMEV.